Un nombre important d’enfants présentant des troubles d’apprentissage et ces derniers restent encore mal perçus et mal compris.

Des échecs scolaires répétés, des périodes de devoirs interminables, des difficultés qui semblent insurmontables… jusqu’à ce qu’on se rende compte que l’enfant est dys.

En effet, de plus en plus de Professeurs sont sensibilisés à ses troubles, mais cela reste peu (ils étaient à peine plus de 1% en 2014 au Maroc). Il serait judicieux que chaque professeur puisse être formé à déceler ces troubles de l’Apprentissage.

Ainsi, dans ce deuxième cas, l’enseignant pourra orienter l’élève à valider ses doutes chez un Orthophoniste qui lui fera passer une batterie de tests et rédiger un Bilan.

Nous constatons certes un nombre croissant d’enfants orienté par son enseignant dans notre cabinet d’orthophonie de Casablanca, mais cela reste localisé à certains établissements qui ont conscience de cela.

Je vous propose dans cet article, de bien poser les bases des différences entre Troubles et Problèmes d’apprentissage.

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Enfants dépistés à Casablanca avec des Difficultés d'apprentissages

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Enfants dépistés à Casablanca avec des Troubles d'apprentissages

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Enfants dépistés à Casablanca avec des retards mentaux

Quels sont les informations liées aux Troubles et difficultés d’apprentissage connus ?

Depuis 2010, l’Association marocaine des troubles et difficultés d’apprentissage (AMTDA) a dépisté des milliers d’enfants à Casablanca. «53% des enfants que nous avons examinés sont atteints», révèle Zhour LQouider, présidente. «Quelque 12% souffrent de troubles, environ 3% d’un retard mental et le reste de difficultés, soit près de quatre enfants sur dix», détaille-t-elle.

A Casablanca, quatre élèves sur dix ont ainsi du mal à apprendre, même s’ils ne souffrent d’aucune pathologie ou dysfonctionnement. Une part énorme!

Les Troubles Dys

Contrairement aux idées reçues, les troubles d’apprentissage touchent des jeunes au quotient intellectuel élevé, rappelle tout d’abord le neuropsychologue Dave Ellemberg, professeur à l’Université de Montréal. Le problème ne vient pas des facultés intellectuelles de l’enfant, mais bien d’un déficit neurologique qui touche des régions spécifiques du cerveau : l’aire de Broca, associée à l’apprentissage de la lecture, ou encore la région pariétale du cerveau, associée à l’apprentissage des mathématiques. «Et ce déficit va les empêcher de réussir à la hauteur de leur potentiel, malgré leurs belles capacités intellectuelles», poursuit-il.

Les plus connus sont la dyslexie, qui consiste en un déficit du processus d’identification et de production de mots, accompagnée de la dysorthographie, qui est liée aux difficultés d’écriture.
À cela s’ajoute la dyscalculie, qui affecte l’apprentissage des mathématiques. Mais il y en a d’autres, débattues, méconnues ou ignorées, donc plus difficiles à encadrer, comme la dyspraxie, qui touche les habiletés motrices, les troubles de la mémoire, « souvent confondus avec le trouble du déficit d’attention », précise Dave Ellemberg, les dysfonctions non verbales, qui peuvent affecter les relations sociales, ou encore la dysphasie, qui touche la communication.

Ne pas confondre problèmes et troubles d’apprentissage

Notons également que ce ne sont « pas tous les problèmes d’apprentissage qui sont des troubles », précise Line Laplante, professeure au Département de didactique des langues à l’UQAM. «Un jeune peut avoir deux ou trois ans de retard en lecture ou en écriture, sans que ce soit dû à un déficit d’ordre neurologique.» Pour identifier le trouble, il s’agit donc, dans un premier temps, de s’assurer que les difficultés scolaires ne sont pas dues à des facteurs externes notamment psychologiques, sociaux ou environnementaux (un deuil, une situation d’intimidation, un manque de motivation ou de stimulation). «On évalue l’ensemble des différentes fonctions du cerveau importantes pour apprendre: les capacités de raisonnement, de logique, d’abstraction, pour s’assurer que l’intelligence est intacte. On décortique la mémoire à court terme, l’attention soutenue, divisée ou sélective, l’organisation, les fonctions cérébrales exécutives, la gestion de l’information et, ultimement, la lecture, l’orthographe, les mathématiques», dit Dave Ellemberg.

Pour de nombreuses personnes, vivre avec un trouble d’apprentissage revient à fournir plus d’efforts pour obtenir des résultats décevants et à être confronté de façon quotidienne à l’échec. Une situation dont les séquelles se manifestent à plusieurs niveaux, notamment à travers une faible estime de soi et un état d’anxiété chronique. «Tout le monde a besoin de se faire dire qu’il est bon. C’est ce qui alimente l’estime de soi et la construction de son image», avance Dave Ellemberg, neuropsychologue et professeur au Département de kinésiologie de l’Université de Montréal. Alors que, en contexte scolaire, les enseignants utilisent fréquemment des systèmes de valorisation faits d’étoiles, de bonshommes sourire et de tableaux d’honneur, le jeune souffrant de dyslexie, lui, n’a jamais d’étoile et son nom ne figure pas sur le tableau d’honneur. «On lui dit simplement de travailler plus fort.» Selon les circonstances, ses échecs peuvent être attribués à la paresse ou à de faibles capacités intellectuelles.

À une autre époque, on aurait dit simplement qu’«il n’est pas fait pour l’école».